moulures / travaux à la chaux et à la terre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Développement technique au sujet des enduits à la chaux
Exposée aux intempéries, l’enduit de chaux perd, au fil des ans, sa patine protectrice et un jour, une partie du liant qui lui donne sa dureté.
La patine est une croute de carbonate de calcium qui le protège naturellement des intempéries. Au départ, elle provient de l’exsudation et de l’évaporation, puis l’eau de pluie, riche en dioxyde de carbone le pénètre par capillarité et transforme le carbonate de calcium en bicarbonate. Etant donné la réversibilité du processus, ce bicarbonate précipite de nouveau en carbonate de calcium lorsque l’eau s’évapore et que le CO2 se forme. A la suite de ce processus, il se crée en surface une patine, ou pellicule carbonatée de 1 à 1,5 mm d’épaisseur.. Les patines n’apparaissent pas sur les enduits situés à l’intérieur des maisons. Néanmoins, sur des enduits abîmés en surface, qui se cassent à la suite d’un accident, la patine se régénère naturellement autour de la brisure. Les patines peuvent être attaquées par l’acide sulfurique (pluies acides) qui transforme l’épiderme et même l’intérieur de celle-ci, en sulfate de calcium. La perte de la patine augmente la porosité qui, dans des cas extrêmes, peut arriver à pulvériser voir désagréger l’enduit. Les traitements de consolidation s’attaquent à cette pathologie, ils agissent comme un nouveau matériel de cimentation qui agrège les grains entre eux, sans altérer leur apparence extérieure ni leur propriétés physico-chimiques.
Lorsque l’eau de chaux s’évapore et entre en contact avec le dioxine de carbone de l’air, les hydroxydes de calcium se transforment en carbonate de calcium. L’eau de chaux employée comme liant permet que la dilatation thermique, la porosité et la rétraction se comportent de façon similaire. L’applicateur accélère seulement le processus que l’enduit réalise de la façon naturelle.

Préparation de l’eau de chaux
Dans la fosse d’extinction, la chaux repose sous une couche d’eau de 40 cm d’épaisseur. Cette eau, qui contient des hydroxydes de calcium en suspension et peut donc subir la même réaction chimique de carbonatation que la chaux, était traditionnellement réutilisée à plusieurs fins : dissoudre les pigments, agir comme produit inorganique naturel de consolidation de la pierre, des mortiers et des stucs ou bien pour réaliser des voiles décoratifs et protecteur des surfaces, en la mélangeant avec des pigments, généralement des terres et des ocres doux.
On extrait l’eau de chaux des fosses d’extinction après avoir éléiminé la « crème » ou couche de carbonatation superficielle. Il est toujours préférable de filtrer l’eau d’abord, pour que celle ci pénètre et sature plus facilement le support.

Application
Par la pulvérisation d’une pellicule d’absorption immédiate sur la totalité du parement au pulvérisateur, après nettoiement à l’eau.
L’application est à répéter sur plusieurs journées jusqu’à atteindre la zone ‘’saine’’
Une fois que l’intérieur de l’enduit et de la pierre seront reconstitués, l’eau de chaux créera une pellicule de carbonate identique à la patine naturelle
Quant la patine protectrice est teinte avec des pigments résistants aux alcalis, cette couche s’appelle le voile, on a souvent recouvert les monuments historiques de fines couches d’eau de chaux pigmentée ou de peinture à la chaux pour les protéger.
Certains pigments ayant un grand pouvoir de teinture on n’en incorpore qu’une petite quantité dans la dissolution de l’eau de chaux, les couleurs les plus employées étant généralement les terres et les ocres pour adoucir, les ton gris sont obtenus avec un peu de noir de fumé. Pour arriver à la couleur adéquate, il est préférable d’appliquer le voile en deux ou trois couches, il sera ainsi plus facile de contrôler la pigmentation, puisque les erreurs de ton peuvent être corrigées avec la couche suivante, un brossage doux permettra d’affiner l’aspect final.