caladage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Développement technique au sujet des sols de pierre
La distinction entre sol couché et sol debout repose sur l’orientation des pierres. Dans les sols couchés, on cherche à couvrir avec chaque pierre la plus grande surface possible. On a donc tout intérêt à utiliser de larges pierres plates, posées horizontalement, on parle alors de dallage. Pour les sols debout, les pierres de forme et de dimension courantes sont à l’inverse enfoncées verticalement, ne laissant affleurer qu’une petite portion de leur surface , on parle dans ce cas de calade.
Les calades font appel à de petits modules de pierre récupérées de droite et de gauche, aussi pouvait elles jadis être mis en œuvre par tous. Leur élasticité et leur résistance répondaient parfaitement aux exigences d’un usage rustique. En effet, la calade n’est pas rigide et absorbe les tassements différentiels du sol, de plus le simple fait de faire passer des charges lourdes en augmente la cohésion et la souplesse. Les pierres s’enfoncent plus profondément et se frottent les unes contre les autres, répartissant au mieux les charges sur le sol. La calade n’est pas posée ni jointoyée au mortier de ciment ce qui permet des échanges entre le sol et l’air. Environ 80 % de l’eau de pluie ruisselle en surface et le reste s’infiltre dans le sous sol au travers des joints. L’excès d’eau peut ensuite librement s’évaporer. Dans les centres anciens, on constate d’ailleurs que le remplacement des sols debout par des sols étanches, cause souvent des remontées d’humidité dans les murs de constructions qui n’en avaient jamais souffert.
Les dallages étaient l’apanage des demeures de maître et des édifices publics ou religieux. L’extraction et la découpe des dalles de pierre renchérissaient grandement ce type de revêtement, de plus, si l’on voulait éviter le basculement ou la rupture des pierres, le sol devait être soigneusement préparé avant la pose.
Aujourd’hui, le béton autorise la réalisation facile de sols couchés résistants et la calade qui demande plus de main d’œuvre est devenue une réalisation plus onéreuse.

L’art de la calade à failli disparaître, remplacé par des techniques de revêtement de sol facile à mettre en oeuvre et demandant peu d’entretien, c’est pourtant un savoir faire exceptionnel, perfectionné au fil des siècles par la confrontation quotidienne de l’ouvrage à des exigences multiples. Exigences d’économie qui voulait que toutes les pierres d’un ‘’clapàs’’ quelles que soient leur taille et leur forme, trouvent leur utilisation. Exigence de résistance afin que les sabots des bêtes et les roues des véhicules de charroi ne déchaussent par les pierres. Exigence d’adaptation au relief souvent chahuté des régions méditerranéennes. Exigence de confort pour le marcheur, enfin par temps de pluie comme en cas de gel, l’invention rurale a su répondre à tout cela par un système constructif cohérent ou la forme des pierres les oriente vers une fonction précise, trois familles de formes se distinguent, les conducteurs, les pas d’âne et les pierres de remplissage.

Le tri des pierres est une étape essentielle pour la réussite d’une calade, si l’on part d’un ‘’clàpas’’ ou de pierres ramassées au sol, les tailles et les formes seront naturellement très diverses et couvriront chacune des trois familles de formes, en revanche, les pierres provenant de carrières sont généralement calibrées, il conviendra alors de s’assurer d’un approvisionnement en plusieurs tailles permettant de répondre à tous les cas de figure. Les pierres de bonne dimension présentant une face plate feront de parfait conducteurs, les pierres longues pas trop larges mais profondes, seront utilisée en pas d’âne, les pierres plus petites possédant une face plate pourront faire le remplissage. Enfin ce que les provençaux nomment les ‘’ratalhons’’ (reste de taille) seront utilisés en bouchonnage.